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Patrimoine & châteaux

Le château de Haroué

En bref — Le château de Haroué se dresse au sud de Nancy, dans le Saintois, entouré de douves héritées d’une forteresse médiévale. Bâti au XVIIIe siècle par Germain Boffrand, il conserve grilles de Jean Lamour, décors peints et salons meublés. Comptez une heure et demie avec le parc. Ouverture surtout saisonnière : vérifiez les dates avant de venir.

À une trentaine de kilomètres au sud de Nancy, le château de Haroué surgit au milieu d’un village, entouré d’eau et coiffé de tourelles d’angle. Contrairement à d’autres monuments régionaux, il n’a jamais été vidé : les salons sont meublés, les tapisseries en place, les objets de famille conservés. C’est ce qui en fait le complément idéal du château de Lunéville, en pleine restauration, et l’une des visites les plus attachantes de notre dossier sur le patrimoine et les châteaux de Lorraine. Voici ce qu’il faut savoir avant d’y aller.

Une forteresse devenue château de plaisance

Avant le château actuel se dressait ici une place forte médiévale, dont subsistent les douves, les bases de tours et l’emprise générale. Au XVIIIe siècle, la famille de Beauvau-Craon, l’une des plus puissantes du duché, décide de remplacer cette forteresse par une demeure moderne. Plutôt que de raser l’existant, le nouveau bâtiment s’appuie sur les fondations anciennes. De là vient la silhouette singulière de Haroué : un palais du siècle des Lumières posé sur un plan de château fort, avec l’eau tout autour.

Germain Boffrand, l’architecte des ducs

Le chantier est confié à Germain Boffrand, également auteur du château de Lunéville et de plusieurs édifices majeurs du duché. On retrouve chez lui le même sens des proportions et de la scénographie : cour d’accès, façades rythmées, toitures nettes, distribution intérieure pensée pour la vie de société. Haroué illustre la capacité de l’architecture française du XVIIIe siècle à travailler avec un héritage contraignant plutôt que contre lui. Les tourelles d’angle, conservées, deviennent un élément de composition et non un vestige encombrant.

Les grilles de Jean Lamour

La ferronnerie constitue l’un des points forts de la visite. Jean Lamour, le maître serrurier auteur des grilles de la place Stanislas à Nancy, a travaillé pour Haroué : rampes d’escalier et grilles y déploient le même vocabulaire de volutes et de feuillages. Cette signature commune relie directement le château à l’ensemble monumental nancéien et donne à voir, dans un cadre rural, un savoir-faire que l’on associe d’abord aux grandes places urbaines. Prenez le temps de regarder l’escalier d’honneur, souvent commenté pendant la visite.

Le château du calendrier

Une tradition tenace veut que Haroué ait été conçu comme un calendrier de pierre : autant de fenêtres que de jours dans l’année, autant de cheminées que de semaines, autant de tours que de mois, autant de ponts que de saisons. La démonstration ne résiste pas toujours au comptage, mais l’anecdote fait partie de l’identité du lieu et les guides l’évoquent volontiers. Elle dit surtout une chose exacte : le château a été pensé comme une composition d’ensemble, où rien n’est laissé au hasard.

Des intérieurs restés habités

L’intérêt principal de Haroué tient à ses intérieurs. Restée dans la même famille pendant des générations, la demeure a conservé mobilier, portraits, tapisseries, porcelaines et souvenirs accumulés. Un salon aux décors peints d’inspiration chinoise, dû au peintre Jean Pillement, compte parmi les pièces les plus remarquables. On y perçoit ce que fut la vie d’une grande maison lorraine : les pièces de réception, les usages de la table, les rapports de voisinage avec les ducs. Peu de châteaux de la région offrent cette continuité.

Le parc et les abords

Autour du château, le parc et les jardins se parcourent librement pendant les heures d’ouverture et ont fait l’objet de campagnes de replantation et de mise en valeur. Les douves en eau créent des reflets qui changent avec la lumière, et le tour extérieur constitue à lui seul une bonne raison de venir. Le village de Haroué, très modeste, laisse le monument dominer sans concurrence visuelle. C’est un endroit où l’on marche lentement, appareil photo en main, avant ou après la visite guidée.

Un site du Saintois

Haroué s’inscrit dans le Saintois, pays de collines et de villages agricoles au sud de Nancy, dominé par la colline de Sion-Vaudémont, haut lieu de pèlerinage et de mémoire lorraine. La combinaison des deux fait une excellente journée : le château le matin, la colline et son panorama l’après-midi. Les petites routes du secteur, peu fréquentées, se prêtent bien à la découverte à vélo pour les cyclistes entraînés, avec des dénivelés courts mais réguliers.

Accès, durée et période d’ouverture

Le château se rejoint en voiture depuis Nancy en une quarantaine de minutes ; la desserte en transports collectifs reste limitée, l’automobile est donc conseillée. Prévoyez environ une heure et demie sur place avec le parc, davantage si une exposition temporaire est proposée. L’ouverture est essentiellement saisonnière et une bonne partie de la visite se fait de façon guidée, avec des horaires de départ fixes. Sa gestion a été confiée ces dernières années au Centre des monuments nationaux : consultez leurs informations officielles avant de venir.

Comment se déroule la visite

La découverte des intérieurs se fait de façon guidée, par groupes, avec un parcours qui suit l’enfilade des pièces de réception avant de gagner l’escalier d’honneur et quelques salles hautes. Le commentaire alterne l’histoire de la famille, celle du duché de Lorraine et l’explication des décors et du mobilier. Le rythme est calme et convient à des visiteurs peu familiers de l’histoire de l’art. À l’extérieur, la circulation reste libre pendant les heures d’ouverture, ce qui permet de compléter par un tour tranquille autour des douves.

Quatre conseils avant de partir

  • Vérifiez la période d’ouverture : le château n’accueille pas de public toute l’année.
  • Renseignez-vous sur les horaires de départ des visites guidées, souvent limitées en nombre de places.
  • Faites le tour des douves avant d’entrer, c’est le meilleur point de vue sur les tourelles.
  • Complétez la journée par la colline de Sion-Vaudémont, à une vingtaine de minutes de route.

Changer d’ambiance au nord

Après un château de cour et de salons, la Moselle propose l’inverse : une forteresse médiévale massive, restaurée par le département et transformée en lieu d’expositions. Le château de Malbrouck, près de la frontière luxembourgeoise, offre des remparts, des tours à gravir et des points de vue étendus. Entre le raffinement du XVIIIe siècle à Haroué et la puissance militaire du XVe, on tient là deux visites complémentaires pour un même week-end en Lorraine.

Questions fréquentes

Où se trouve le château de Haroué ?

Dans le Saintois, au sud de Nancy, à une quarantaine de minutes de route, non loin de la colline de Sion-Vaudémont. La desserte en transports collectifs est limitée : la voiture reste le moyen d’accès le plus simple.

Le château est-il meublé ?

Oui, c’est son principal intérêt. Resté longtemps dans la même famille, il conserve mobilier, portraits, tapisseries, porcelaines et un salon aux décors peints d’inspiration chinoise dus à Jean Pillement. Peu de châteaux lorrains offrent une telle continuité.

Le château de Haroué est-il vraiment un calendrier ?

C’est une tradition locale : autant de fenêtres que de jours dans l’année, de cheminées que de semaines, de tours que de mois et de ponts que de saisons. Le comptage est discuté, mais l’anecdote appartient à l’identité du lieu.

Combien de temps dure la visite ?

Environ une heure et demie avec le parc et le tour des douves. L’ouverture est surtout saisonnière et une bonne partie des visites se fait de façon guidée, avec des départs à horaires fixes : vérifiez les dates avant de partir.

Sources

  • Château de Haroué, Centre des monuments nationaux.
  • Meurthe-et-Moselle Tourisme.
  • Office de tourisme du Pays du Saintois.
  • Observations de terrain, [votre site].
Voir un château en pleine renaissance ?
Prolongez avec le château de Lunéville et son chantier de restauration.

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