Tout passe par lui. Entre la Lorraine et l’Alsace, entre la vallée des Lacs et celle de Munster, entre le nord et le sud de la crête, le col de la Schlucht est le nœud du massif des Vosges. On y arrive pour traverser, on y reste pour marcher : c’est de ce col que partent les itinéraires les plus fréquentés du massif, et c’est là que l’on bascule d’un versant à l’autre, souvent d’une météo à l’autre. Un point de repère autant qu’un point de départ.
Un col au point de bascule du massif
Le col de la Schlucht s’ouvre à 1 139 mètres dans la ligne de crête, à la limite entre le département des Vosges et le Haut-Rhin. Son nom vient de l’allemand et désigne une gorge ou un ravin, en référence à l’entaille profonde par laquelle la route descend côté alsacien. Cette position en fait une frontière naturelle très nette : côté lorrain, des pentes longues, boisées et humides descendent vers les lacs ; côté alsacien, la route plonge d’un coup vers la vallée de la Fecht. Le contraste se ressent immédiatement, dans le paysage comme dans le climat.
Une histoire de frontière et de premiers touristes
De 1871 à 1918, la crête marque la frontière entre la France et l’Empire allemand, et le col devient un poste de passage surveillé, avec ses bâtiments de douane. Cette situation particulière attire très tôt les curieux : on vient voir la ligne, on s’installe dans les hôtels de part et d’autre, et le col devient un des tout premiers lieux de tourisme de montagne du massif. Un tramway relia même Gérardmer au col au début du XXe siècle. La Première Guerre mondiale transforme ensuite le secteur en zone de front, avant que la route des Crêtes ne fixe définitivement la vocation touristique du lieu.
Comment y accéder
Depuis la Lorraine, la montée classique part de Gérardmer et suit la vallée des Lacs, en longeant Longemer et Retournemer avant les derniers lacets. Depuis l’Alsace, on monte de Munster par la vallée de la Fecht. La route est ouverte toute l’année, entretenue et déneigée, mais elle exige des pneus adaptés en hiver, et l’accès peut être temporairement interrompu lors d’épisodes neigeux importants. C’est aussi une montée très prisée des cyclistes, régulière et sans passage extrême, et un point de rendez-vous pour les motards aux beaux jours.
Le carrefour de la route des Crêtes
Au col, la route transversale croise la route des Crêtes, qui file vers le nord en direction du col du Calvaire et vers le sud vers le Hohneck, le Markstein et le Grand Ballon. C’est donc le point d’entrée le plus logique pour aborder la crête depuis la Lorraine : on monte de Gérardmer, on choisit un sens, on redescend par une autre vallée. Les parkings du col permettent de laisser le véhicule pour la journée, ce qui en fait aussi la base des randonnées linéaires avec retour en navette ou en stop.
Le jardin d’altitude du Haut-Chitelet
À courte distance du col, sur la route des Crêtes, un jardin botanique d’altitude présente des collections de plantes de montagne du monde entier, installées sur un versant escarpé, au milieu d’une hêtraie d’altitude. Rattaché aux jardins botaniques universitaires, il ouvre uniquement à la belle saison, quand la végétation d’altitude est visible. C’est une visite courte, idéale pour comprendre la flore que l’on croise ensuite sur les chaumes. Les périodes et conditions d’ouverture varient d’une année à l’autre : vérifiez auprès de l’office de tourisme avant de vous déplacer.
Les randonnées au départ du col
Le col est le point de départ le plus utilisé du massif. La montée au Hohneck par la crête, en une à une heure et demie, reste la sortie de référence, avec vue permanente et dénivelé modéré. Le sentier des Roches, tracé dans la falaise du versant alsacien avec passerelles et marches taillées, offre un parcours autrement plus spectaculaire mais exigeant : il est déconseillé par temps humide, gelé ou enneigé et aux personnes sujettes au vertige. Le GR5 traverse également le col, ce qui permet d’envisager des étapes de plusieurs jours le long de la ligne de partage.
Le col en hiver
Dès les premières neiges, le secteur bascule dans une autre activité. Le col dispose de pistes de ski alpin de petite taille, adaptées à l’apprentissage, d’un espace nordique développé sur les plateaux voisins et de parcours de raquettes balisés. La luge attire beaucoup de familles, et le col sert de porte d’entrée aux itinéraires de ski de randonnée vers le Hohneck. L’enneigement, à cette altitude, reste par nature irrégulier d’une année à l’autre : ne partez jamais sans consulter les conditions publiées par les stations et par les offices de tourisme, détaillées dans notre guide du ski dans les Vosges.
Un poste d’observation météorologique
Le col est réputé pour ses changements de temps brutaux. Les masses d’air venues de l’ouest butent contre le versant lorrain, s’y délestent de leur humidité et laissent souvent l’Alsace au sec : on quitte fréquemment un versant sous la brume pour retrouver le soleil à quelques centaines de mètres. Le brouillard peut s’installer en quelques minutes, y compris en été, et le vent est presque constant sur la crête. C’est spectaculaire, mais cela impose de la prudence pour les randonneurs, qui doivent toujours prévoir de quoi se couvrir et un moyen de s’orienter.
Quand venir et combien de temps rester
Le col se visite toute l’année, avec deux saisons bien distinctes. De juin à octobre, il sert de base aux randonnées et à la découverte de la crête ; en décembre et janvier, il devient un site de neige familial. Les intersaisons sont plus calmes, souvent brumeuses, parfois superbes. Une demi-journée suffit pour une randonnée au Hohneck et un arrêt au jardin d’altitude ; une journée entière si vous poursuivez sur la route des Crêtes ou si vous redescendez par les lacs de la vallée.
Nos conseils pratiques
- Vérifiez la météo des deux versants : elle peut être radicalement différente de part et d’autre du col.
- Garez-vous tôt les week-ends de belle saison et pendant les vacances d’hiver, les parkings se remplissent vite.
- Équipez le véhicule en hiver : la route est déneigée mais reste une route de montagne.
- Évitez le sentier des Roches par temps de pluie, de gel ou avec de jeunes enfants.
- Emportez de l’eau : les points de ravitaillement sont rares une fois sur la crête.
Autour du col
En redescendant côté lorrain, la vallée des Lacs aligne Retournemer, Longemer puis Gérardmer, ce qui permet d’associer facilement une matinée en altitude et un après-midi au bord de l’eau. Côté alsacien, la vallée de Munster ouvre sur les fermes-auberges, le fromage et les villages du vignoble. Le col reste, dans les deux cas, le meilleur point de bascule pour organiser une journée à cheval sur les deux versants.
Questions fréquentes
À quelle altitude se trouve le col de la Schlucht ?
Le col culmine à 1 139 mètres, sur la ligne de crête entre le département des Vosges et le Haut-Rhin. C’est l’un des principaux passages routiers du massif.
Le col de la Schlucht est-il ouvert en hiver ?
Oui, la route transversale entre Gérardmer et Munster est déneigée toute l’année, avec équipement adapté. En revanche, certains tronçons de la route des Crêtes au départ du col ferment en saison froide.
Que faire au col de la Schlucht en été ?
Randonner vers le Hohneck ou par le sentier des Roches, visiter le jardin d’altitude voisin, parcourir la route des Crêtes en voiture, à moto ou à vélo, et redescendre par les lacs.
Combien de temps depuis Gérardmer jusqu’au col ?
Comptez environ une demi-heure de route par la vallée des Lacs, un peu plus en été quand la circulation est dense. À vélo, la montée est longue mais régulière.
Sources
- Parc naturel régional des Ballons des Vosges.
- Offices de tourisme de Gérardmer et de la vallée de Munster.
- Jardins botaniques du Grand Nancy et de l’Université de Lorraine.
- Observations de terrain, [votre site].
Depuis le col, descendez installer votre base de séjour dans la capitale touristique du massif, puis attaquez la crête vers le Hohneck.

