Tout le monde connaît l’expression « image d’Épinal » sans forcément savoir qu’elle renvoie à une ville, à une manufacture et à un savoir-faire encore vivant. Visiter Épinal, c’est découvrir cette production populaire de gravures colorées, mais aussi une cité vosgienne posée sur la Moselle, dotée d’une belle basilique romane et gothique, d’un musée départemental installé sur une île et d’un vaste parc de colline. Elle occupe une place à part dans notre tour des grandes villes de Lorraine.
Une ville née autour d’une relique et d’une rivière
Épinal se développe à partir du Xe siècle autour d’un chapitre de chanoinesses et d’un château bâti sur l’éperon rocheux qui domine la Moselle. La ville prospère grâce au commerce, à la rivière et à sa position de carrefour entre plaine lorraine et montagne vosgienne. Après le rattachement de l’Alsace à l’Empire allemand en 1871, elle devient une ville de garnison et de frontière, ce qui accélère son développement. Le textile puis la papeterie ancrent définitivement son économie, terrain favorable à l’implantation d’une imagerie populaire.
L’imagerie d’Épinal, le savoir-faire fondateur
Fondée à la fin du XVIIIe siècle par Jean-Charles Pellerin, l’imagerie a diffusé dans toute la France des feuilles gravées et coloriées : vies de saints, scènes militaires, contes, alphabets, planches à découper. Sa production, vendue par colportage, a marqué l’imaginaire national au point de donner une expression courante. La manufacture fonctionne toujours et se visite : on y voit les presses anciennes, les pierres lithographiques et le coloriage au pochoir, l’aquatypie, technique caractéristique de la maison. C’est la visite à ne pas manquer si vous ne devez en faire qu’une.
Le musée de l’Image
Voisin de la manufacture, ce musée départemental complète la visite en replaçant l’image populaire dans une histoire plus large. Ses collections rassemblent des gravures venues de toute la France et d’Europe, du XVIIe siècle à nos jours, et ses expositions temporaires font régulièrement dialoguer ces fonds anciens avec la création contemporaine, l’illustration ou la bande dessinée. C’est un lieu accessible aux enfants comme aux adultes, et l’un des rares en France entièrement consacré à ce sujet. La programmation évolue plusieurs fois par an : vérifiez-la avant votre venue.
La basilique Saint-Maurice et le centre ancien
Au cœur de la ville, la basilique Saint-Maurice mêle un porche occidental d’aspect roman massif, une nef gothique et une entrée latérale, dite portail des Bourgeois, richement sculptée. L’édifice a servi d’église au chapitre de chanoinesses qui fonda la cité. Autour, les rues piétonnes, la place des Vosges bordée d’arcades et les façades anciennes composent un centre compact et agréable. Le marché, animé, est un bon moyen d’aborder la production vosgienne : fromages, charcuteries fumées, confitures de brimbelles, le nom local de la myrtille.
Le parc du château et les ruines
Sur la hauteur qui domine la ville s’étend l’un des plus grands parcs urbains de la région. On y accède à pied depuis le centre par un chemin en montée, ou en voiture. Le site associe une forêt de feuillus, des allées ombragées, un petit parc animalier et surtout les ruines du château médiéval, dont les fondations et les niveaux de défense ont été dégagés et mis en valeur. Le panorama sur les toits d’Épinal et la vallée de la Moselle justifie à lui seul la montée, particulièrement en fin de journée.
Le musée départemental et les bords de Moselle
Installé sur une île de la Moselle, dans un bâtiment associant construction ancienne et extension contemporaine, le musée départemental d’art ancien et contemporain réunit un fonds archéologique gallo-romain, de la peinture ancienne — dont des œuvres nordiques et françaises de premier plan — et un ensemble d’art contemporain. Sa situation en fait aussi un but de promenade : les berges aménagées, les passerelles et le canal permettent de longer l’eau sur plusieurs kilomètres, à pied comme à vélo, jusqu’aux quartiers plus paisibles en amont de la ville.
Ce qu’il faut goûter
Épinal donne accès à toute la gastronomie vosgienne. Le munster, produit de part et d’autre de la crête, se déguste avec du cumin ; les charcuteries fumées, l’andouille et les tourtes composent l’ordinaire des tables de montagne. Côté sucré, on trouve les brimbelles en tarte et en confiture, les bonbons des Vosges aux plantes, et le miel de sapin. La bière artisanale s’est fortement développée dans le département. Les jours de marché sont le meilleur moment pour rencontrer directement les producteurs.
Une ville d’eau et de forêt
Épinal a la particularité d’être largement enveloppée par les bois : la commune possède l’une des plus vastes forêts communales de France, exploitée depuis des siècles et parcourue de sentiers balisés accessibles directement depuis les quartiers résidentiels. Cette proximité change la nature du séjour : on passe en quelques minutes des rues du centre aux chemins forestiers. À cela s’ajoutent le canal des Vosges, doublé d’une véloroute qui relie la ville aux vallées voisines, et plusieurs plans d’eau aménagés à la belle saison. Pour les familles, c’est un argument décisif : la journée peut alterner musée le matin et grand air l’après-midi, sans jamais reprendre la voiture longtemps.
Combien de temps rester, et quand venir
Une journée suffit pour l’essentiel : imagerie, musée de l’Image, basilique et parc du château. En ajoutant le musée départemental et une balade le long de la Moselle, on remplit sans peine une journée et demie. La ville se visite toute l’année ; le printemps et l’été facilitent les promenades en hauteur, l’automne offre les plus belles couleurs sur le parc. Épinal étant surtout une base de départ vers la montagne, beaucoup de visiteurs y consacrent une matinée avant de rejoindre les Vosges. Horaires et tarifs sont à vérifier auprès de l’office de tourisme.
Cinq conseils pratiques
- Enchaînez la manufacture et le musée de l’Image : les deux sites sont voisins et se complètent.
- Montez au parc du château en fin d’après-midi pour la lumière sur la vallée.
- Prévoyez des chaussures confortables : la montée depuis le centre est courte mais raide.
- Vérifiez les jours d’ouverture de la manufacture, qui reste un site de production avant d’être un lieu de visite.
- Utilisez Épinal comme point de ravitaillement avant de partir vers les hautes Vosges.
Aux alentours et suite du voyage
À l’est, la route grimpe rapidement vers Gérardmer, la route des Crêtes et le Hohneck, qui culmine à 1 363 m. Au sud, Plombières-les-Bains et Bains-les-Bains rappellent la tradition thermale du département, tandis que Remiremont aligne ses rues à arcades. À l’ouest, Mirecourt perpétue la lutherie. Vers le nord, Thionville et la vallée de la Moselle industrielle offrent un contraste saisissant, et à une heure environ, Verdun permet d’ajouter un volet mémoriel à un séjour vosgien.
Questions fréquentes
Que voir à Épinal en une journée ?
La manufacture d’images et le musée de l’Image le matin, la basilique Saint-Maurice et le centre ancien à midi, puis le parc du château et ses ruines en fin d’après-midi pour le panorama.
L’imagerie d’Épinal existe-t-elle encore ?
Oui. Fondée à la fin du XVIIIe siècle, la manufacture est toujours en activité et se visite. On y découvre les presses anciennes, les pierres lithographiques et le coloriage au pochoir.
Épinal est-elle une bonne base pour visiter les Vosges ?
Oui, c’est la porte d’entrée naturelle du massif. Gérardmer, la route des Crêtes et les stations vosgiennes sont accessibles en moins d’une heure de route vers l’est.
Quelle est la spécialité culinaire d’Épinal et des Vosges ?
Le munster, les charcuteries fumées et les tourtes côté salé ; les brimbelles, nom local de la myrtille, en tarte et en confiture, ainsi que les bonbons des Vosges côté sucré.
Sources
- Office de tourisme d’Épinal et de sa région.
- Musée de l’Image et musée départemental d’art ancien et contemporain, Vosges.
- Agence départementale du tourisme des Vosges.
- Observations de terrain, [votre site].
Découvrez Thionville et la vallée de la Moselle, entre forteresses, patrimoine industriel et frontière luxembourgeoise.

