Les Vosges forment le seul département lorrain où l’on organise son séjour comme en montagne : altitude, saisonnalité marquée, activités de plein air et thermalisme. Mais le département ne se limite pas au massif : sa plaine occidentale abrite Épinal, Mirecourt et Domrémy. Ce guide fait suite à notre page sur ce qu’il faut voir dans la Meuse et complète le panorama de la Lorraine département par département.
Un département de forêt, d’eau et de relief
Le socle vosgien s’organise en trois bandes. À l’ouest, une plaine agricole ouverte, prolongement du plateau lorrain, où coule la Moselle naissante. Au centre, un piémont de grès rose, couvert de forêts et percé de sources minérales. À l’est, le massif proprement dit, granitique, arrondi par les glaciers, dont les sommets tabulaires portent le nom de ballons et les hautes pelouses celui de chaumes. Cette structure explique tout : industrie textile dans les vallées, thermalisme au piémont, tourisme de montagne sur les hauteurs.
Épinal, capitale de l’image
Installée sur les deux rives de la Moselle au pied d’un château en ruine, Épinal est indissociable de l’imagerie qui porte son nom. Le musée de l’Image présente ces estampes populaires coloriées au pochoir, diffusées dans toute la France, et la manufacture voisine perpétue l’impression. La ville abrite aussi la basilique Saint-Maurice, un musée départemental riche en peinture ancienne et un parc du château aménagé sur la colline. C’est un bon point d’entrée dans le département.
Saint-Dié-des-Vosges et la haute vallée de la Meurthe
Largement reconstruite après les destructions de 1944, Saint-Dié conserve un ensemble religieux remarquable : la cathédrale, l’église Notre-Dame-de-Galilée et le cloître gothique qui les relie, en grès rose. La ville revendique un titre singulier, celui de marraine de l’Amérique : c’est ici qu’un groupe de savants publia en 1507 l’ouvrage proposant de nommer America les terres nouvellement décrites. Autour, la vallée de la Meurthe conduit vers le col du Bonhomme et les hauteurs.
Remiremont et les vallées du sud
Remiremont s’est développée autour d’un chapitre de dames nobles dont l’abbatiale et le palais abbatial gardent la trace. La ville est reconnaissable à sa longue rue bordée d’arcades, agréable par tous les temps, et à ses fontaines. Elle commande l’entrée des vallées de la Moselle et de la Moselotte, qui montent vers le massif. Plus au sud, les hauteurs boisées de la Vôge annoncent la Franche-Comté : un secteur moins couru, apprécié pour ses randonnées et ses villages tranquilles.
La route des Crêtes et les sommets
Tracée pendant la Première Guerre mondiale à des fins militaires, la route des Crêtes suit la ligne de partage entre Lorraine et Alsace en passant par les cols et les hautes chaumes. Le Hohneck, qui culmine à 1 363 m, offre un panorama circulaire sur les lacs, la plaine d’Alsace et, par temps clair, les Alpes. Le Grand Ballon, le col de la Schlucht et le Markstein jalonnent l’itinéraire, ponctué de fermes-auberges. Voir notre page sur le massif des Vosges.
Gérardmer, La Bresse et les lacs du massif
Gérardmer s’étire au bord de son lac, dans un cirque de forêts : baignade, voile et pédalo en été, ski alpin et nordique en hiver, sans oublier une tradition textile toujours vivante. La Bresse, plus haut dans la vallée de la Moselotte, est la principale station de sports d’hiver du massif. Autour, le relief glaciaire a laissé un chapelet de lacs : Longemer et Retournemer dans la vallée des lacs, Blanchemer et Lispach plus haut, Bouzey du côté d’Épinal.
Vittel, Contrexéville, Plombières : les villes d’eaux
Le piémont vosgien concentre plusieurs stations thermales à l’architecture caractéristique. Vittel et Contrexéville, voisines, ont conservé galeries, pavillons, casinos et grands parcs hérités de la Belle Époque, dans un style éclectique très photogénique. Plombières-les-Bains, encaissée dans sa vallée, exploite ses sources depuis l’Antiquité et garde des thermes anciens, des maisons à balcons et le souvenir de l’entrevue de 1858 entre Napoléon III et Cavour. Les trois accueillent toujours curistes et visiteurs de passage.
Mirecourt, Neufchâteau et Domrémy
La plaine occidentale mérite qu’on s’y arrête. Mirecourt est une capitale historique de la lutherie et de l’archèterie : un musée et des ateliers en activité racontent la fabrication des instruments à cordes. Neufchâteau conserve un centre ancien avec des hôtels particuliers, des escaliers Renaissance et deux belles églises. Enfin, Domrémy-la-Pucelle abrite la maison natale de Jeanne d’Arc, modeste bâtisse de pierre ; sur la hauteur voisine, la basilique du Bois-Chenu domine la vallée de la Meuse.
Quand venir et comment circuler
L’hiver est la saison du ski et des forêts enneigées ; l’été, celle des lacs, des crêtes et des fermes-auberges. Le printemps et l’automne offrent les meilleures conditions de randonnée, avec les couleurs et peu de monde. Comptez quatre jours pour l’essentiel du massif, une semaine en ajoutant la plaine et les villes thermales. Le train dessert Épinal, Remiremont et Saint-Dié, mais la voiture reste nécessaire pour les crêtes. Vérifiez les ouvertures de cols auprès des offices de tourisme.
Cinq conseils pour un séjour réussi
- Choisissez votre base selon la saison : Gérardmer ou La Bresse pour la montagne, Épinal pour un séjour mixte.
- Partez tôt sur la route des Crêtes : la lumière est meilleure et les parkings des cols se remplissent vite.
- Prévoyez une couche chaude même en été, il fait souvent bien plus frais sur les chaumes qu’en fond de vallée.
- Réservez les fermes-auberges à l’avance, surtout le week-end et pendant les vacances scolaires.
- Consultez l’état des routes et des remontées avant de monter en hiver, les conditions changent vite.
Élargir le séjour
Les Vosges se combinent facilement avec le reste de la région : une heure et demie suffit pour rejoindre Nancy, un peu plus pour Metz. Pour répartir votre temps entre montagne, patrimoine et mémoire, la sélection classée de nos incontournables de Lorraine indique les priorités selon la durée du séjour et la saison.
Questions fréquentes
Que voir absolument dans les Vosges ?
La route des Crêtes et le Hohneck, le lac de Gérardmer et la vallée des lacs, l’imagerie d’Épinal, le cloître de Saint-Dié, Remiremont et les villes thermales de Vittel et Plombières.
Quelle est la plus haute montagne des Vosges lorraines ?
Le Hohneck, à 1 363 m, est le sommet le plus fréquenté du secteur lorrain, accessible depuis la route des Crêtes puis par un court sentier menant au panorama.
Quelle saison choisir pour les Vosges ?
L’hiver pour le ski à La Bresse et Gérardmer, l’été pour les lacs et les crêtes, le printemps et l’automne pour la randonnée au calme et les couleurs de forêt.
Peut-on visiter les Vosges sans voiture ?
Partiellement. Le train dessert Épinal, Remiremont et Saint-Dié, et des navettes saisonnières montent vers certaines stations. Pour les lacs d’altitude et les cols, un véhicule reste indispensable.
Sources
- Agence départementale du tourisme des Vosges.
- Offices de tourisme d’Épinal, Gérardmer, La Bresse, Saint-Dié-des-Vosges et Remiremont.
- Parc naturel régional des Ballons des Vosges.
- Observations de terrain, [votre site].
Notre comparatif des quatre départements lorrains vous aide à choisir la base la mieux adaptée à votre séjour.

