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Villes & destinations

Visiter Bar-le-Duc

En bref — Bar-le-Duc possède l’un des ensembles Renaissance les plus homogènes du Grand Est, dans sa Ville haute. À voir : la rue des Ducs de Bar et ses hôtels particuliers, le saisissant Transi de Ligier Richier à l’église Saint-Étienne, le musée barrois et la fameuse confiture de groseilles épépinées à la plume d’oie. Comptez une demi-journée pour la ville, une journée avec les alentours meusiens.

Bar-le-Duc est l’une des villes les plus sous-estimées de Lorraine. Ancienne capitale du duché de Bar, elle conserve dans sa Ville haute un alignement de façades des XVIe et XVIIe siècles rare en France, à peu près intact et presque sans visiteurs. Elle abrite en outre une sculpture funéraire qui compte parmi les plus célèbres de la Renaissance française. Visiter Bar-le-Duc, c’est ajouter une étape inattendue à un circuit dans les grandes villes de Lorraine.

Capitale du duché de Bar

La ville naît autour d’un château comtal établi sur l’éperon dominant l’Ornain. Le comté puis duché de Bar constitue longtemps une entité distincte du duché de Lorraine, avec ses institutions et sa dynastie propres, avant que les deux ne soient réunis à la fin du Moyen Âge sous une même maison. Aux XVIe et XVIIe siècles, la noblesse et les officiers ducaux édifient dans la Ville haute des hôtels particuliers de belle facture. C’est cette prospérité administrative, plus que le commerce, qui explique la richesse architecturale du quartier.

La Ville haute, un ensemble Renaissance rare

Le cœur de la visite tient dans quelques rues. La rue des Ducs de Bar, en particulier, aligne des façades sculptées, des portails à bossages, des fenêtres à meneaux et des décors d’inspiration antique, sur une longueur peu commune. Rien n’a été refait à l’identique : l’ensemble a traversé les siècles. Les places, la promenade des Halles et les points de vue sur la Ville basse complètent le parcours. On circule ici lentement, en levant la tête ; l’office de tourisme propose un itinéraire fléché qui évite de passer à côté de l’essentiel.

Le Transi de Ligier Richier

Dans l’église Saint-Étienne se trouve l’une des sculptures les plus impressionnantes de la Renaissance française : le Transi, ou « Squelette », réalisé par Ligier Richier, sculpteur lorrain du XVIe siècle. L’œuvre représente un corps écorché, en partie décharné, tendant le bras vers le ciel ; elle a été conçue comme monument funéraire pour le cœur de René de Chalon, prince d’Orange. Le réalisme anatomique et la charge symbolique en font une pièce étudiée dans le monde entier. Elle justifie à elle seule le détour par Bar-le-Duc.

Le château, la tour de l’Horloge et le musée barrois

De l’ancienne résidence ducale subsistent le Neuf Château, la tour de l’Horloge et l’esplanade qui domine la vallée. Le musée barrois, installé dans ces bâtiments, présente l’archéologie régionale, la sculpture, la peinture et l’histoire du duché ; il conserve notamment des œuvres et des documents liés à Ligier Richier et à son atelier. À quelques pas, le collège Gilles de Trèves, fondé au XVIe siècle, conserve une cour à galeries d’un intérêt architectural certain. Les horaires d’ouverture, variables selon la saison, sont à vérifier avant votre venue.

La Ville basse, l’Ornain et le canal

En contrebas, la ville commerçante s’est développée le long de l’Ornain et du canal de la Marne au Rhin. On y trouve les rues marchandes, l’église Notre-Dame, quelques maisons anciennes et une atmosphère nettement plus animée que dans la Ville haute. Les berges et les chemins de halage offrent une promenade facile, prolongée par une véloroute qui suit la vallée. Ce contraste entre la ville aristocratique perchée et la ville marchande au bord de l’eau est l’une des clés de lecture de Bar-le-Duc.

La confiture de groseilles à la plume d’oie

C’est la spécialité qui a fait la réputation de la ville : une confiture de groseilles épépinées à la main, grain par grain, à l’aide d’une plume d’oie taillée. Le procédé, attesté depuis des siècles, préserve la forme du fruit et donne un produit d’une grande finesse, souvent qualifié de « caviar de Bar ». La production, entièrement artisanale et très limitée, reste saisonnière. Une boutique et un atelier permettent de découvrir la technique ; il est prudent de se renseigner sur la disponibilité, les stocks partant vite.

Bar-le-Duc et la Voie Sacrée

La ville a joué un rôle décisif pendant la Première Guerre mondiale. C’est de Bar-le-Duc que partait la route par laquelle furent acheminés hommes, munitions et ravitaillement vers le front pendant la bataille de 1916, itinéraire resté célèbre sous le nom de Voie Sacrée. Des bornes jalonnent encore le tracé jusqu’à Verdun. Ce lien confère à la ville un intérêt supplémentaire pour qui prépare un circuit de mémoire : elle constitue un point de départ logique vers les champs de bataille meusiens.

Ligier Richier, un sculpteur meusien de premier plan

On ne comprend pas Bar-le-Duc sans s’attarder sur ce nom. Actif au XVIe siècle, Ligier Richier a travaillé pour les ducs de Lorraine et de Bar et laissé dans la Meuse un ensemble d’œuvres d’une puissance rare : mises au tombeau, gisants, retables, tous marqués par un traitement très réaliste des visages et des corps. Son art fait le lien entre la tradition gothique tardive et la Renaissance italienne, dont il assimile les proportions sans rien perdre de l’intensité expressive locale. Ses réalisations sont dispersées dans plusieurs églises du département : Bar-le-Duc et Saint-Mihiel en conservent les plus célèbres, et forment à elles deux un véritable circuit de découverte.

Combien de temps rester, et quand venir

Une demi-journée suffit largement : Ville haute, église Saint-Étienne, musée barrois et descente vers la Ville basse. Une journée entière si vous ajoutez Saint-Mihiel ou une portion de la Voie Sacrée. Le printemps et l’automne offrent la meilleure lumière sur les façades de pierre. La ville est calme, y compris en été, ce qui rend la visite confortable. Elle est desservie par le train, mais la voiture reste plus commode pour explorer la Meuse alentour. Horaires et tarifs se vérifient auprès de l’office de tourisme.

Cinq conseils pratiques

  • Montez à pied à la Ville haute : la rampe d’accès donne les meilleures vues sur les toits.
  • Ne manquez pas le Transi dans l’église Saint-Étienne, il est peu signalé de l’extérieur.
  • Suivez l’itinéraire patrimonial balisé, les plus belles façades ne sont pas toutes sur l’axe principal.
  • Renseignez-vous sur la disponibilité de la confiture de groseilles avant de compter dessus comme souvenir.
  • Prévoyez la voiture pour combiner la ville avec Saint-Mihiel, Commercy ou la Voie Sacrée.

Aux alentours et suite du voyage

La Meuse réserve d’excellentes étapes courtes. Saint-Mihiel conserve d’autres chefs-d’œuvre de Ligier Richier, dont un Sépulcre monumental, et Commercy, patrie de la madeleine, aligne son château du XVIIIe siècle. Vers le nord, la Voie Sacrée mène directement aux sites de mémoire meusiens. À l’est, Lunéville et son château complètent l’héritage des ducs, tandis qu’au sud-est Saint-Dié-des-Vosges ouvre le massif vosgien pour une seconde partie de séjour.

Questions fréquentes

Que voir à Bar-le-Duc en une demi-journée ?

La Ville haute et la rue des Ducs de Bar, le Transi de Ligier Richier dans l’église Saint-Étienne, le musée barrois et la tour de l’Horloge, puis la descente vers la Ville basse et l’Ornain.

Qu’est-ce que le Transi de Bar-le-Duc ?

Une sculpture funéraire du XVIe siècle due à Ligier Richier, représentant un corps décharné levant le bras. Elle fut réalisée pour abriter le cœur de René de Chalon, prince d’Orange.

Pourquoi la confiture de Bar-le-Duc est-elle si réputée ?

Parce que les groseilles y sont épépinées à la main, grain par grain, à la plume d’oie. Le fruit reste entier, ce qui donne un produit rare, entièrement artisanal et à la production très limitée.

Bar-le-Duc vaut-elle le détour ?

Oui, en particulier pour son ensemble Renaissance, l’un des plus homogènes du Grand Est, et pour le Transi. La ville reste peu fréquentée, ce qui rend la visite d’autant plus agréable.

Sources

  • Office de tourisme Meuse Grand Sud.
  • Musée barrois, ville de Bar-le-Duc.
  • Meuse Attractivité, agence de développement touristique de la Meuse.
  • Observations de terrain, [votre site].
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Continuez avec Saint-Dié-des-Vosges, la ville qui a baptisé l’Amérique, au pied du massif vosgien.

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